blason de La Roche

Eglise de La Roche - Autre patrimoine (extérieur)

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L'église Saint-Yves, autres chapitres :
- Construction et entretien
- Le jubé et autres boiseries
- Le vitrail : 1er et 2è chapitre
- Le mobilier
- Autres éléments du patrimoine (intérieur)
- L'ossuaire
- Oeuvres d'artistes

Les statues du clocher

Le clocher porte une date : 1589. "C’est ici, à La Roche, qu’a été inventé le clocher dit « léonard » : une flèche élancée reposant sur une chambre de cloches à deux étages et deux galeries.

La Roche-Maurice invente la version gothique (une flèche) exactement au moment où Berven conçoit la version Renaissance (un dôme). L’une et l’autre se partageront les faveurs d’un grand nombre d’églises de la région durant trois siècles". (source CIAP).

Les quatre pinacles et le haut de la flèche sont de style gothique. Les chambres de cloches comme le portail ont un décor renaissance.

Le portail du clocher est surmonté d'un fronton et encadré de colonnes à chapiteaux ioniques. Une date est inscrite, entre le linteau de la porte et le fronton triangulaire, au centre entourée de motifs en forme de spirale : 1589.

Au-dessus, une niche abrite une statue de saint Yves, le saint patron de la trève. Les deux autres niches qui l'encadrent sont restées vides.

Dans les contreforts, on observe deux autres statues de saints.


1 - Saint Yves, en haut au centre


Il y a quelques années, saint Yves a perdu sa tête. Probablement lors d'un nettoyage de la façade du clocher.
Voir d'autres représentations de saint Yves à La Roche.
 

2 - A gauche, saint Pascal Baylon ou saint Antoine de Padoue

Le saint homme est vêtu d'une bure franciscaine et tient un ciboire ou un calice.

Yves-Pascal Castel y reconnaît saint Antoine de Padoue, tenant un calice, et attribue même l'ouvrage à l'atelier Prigent. L'atelier des sculpteurs de pierre, Bastien et Henry Prigent de Landerneau, était en activité de 1527 à 1577. Il nous a laissé de très nombreuses sculptures en Finistère.

René Couffon et Alfred Le Bars y voient saint Pascal Baylon... "reconnaissable à son calice", nous dit Lucien Lescureux.

Pascal Baylon est né au 16è siècle dans le pays d'Aragon en Espagne, dans une famille de cultivateurs fort modestes. Durant son enfance, tout en gardant les moutons, il se plongeait avec délices dans la prière silencieuse qui lui donnait le désir de se consacrer à Dieu. Mais n'étant pas accepté dans la vie religieuse à cause de son manque d'instruction, il se place comme berger près du couvent pour participer aux offices, au moins de loin, quand sonnait la cloche. Finalement, il put entrer comme frère convers chez les franciscains et il y remplit la tâche de portier. Il rayonnait par son amabilité et sa douceur envers tous ceux qui se présentaient à la porte du couvent. Beaucoup de gens pour cette raison venaient lui demander conseil, même des prédicateurs qui estimaient que sa théologie était celle du coeur et non pas celle d'un intellectuel. Maltraité par les Huguenots au cours d'une mission dans la France déchirée par les guerres de religion, il leur pardonna en disant que c'est pour servir Dieu qu'ils l'avaient ainsi traité. Il puisait sa force dans sa ferveur pour l'Eucharistie et passait de longues heures en adoration silencieuse devant le Saint Sacrement. Il est décédé en 1592. Après sa mort, les miracles se multiplièrent sur sa tombe. Le Pape Léon XIII le nomma patron des Congrès eucharistiques.

Antoine de Padoue naquit à Lisbonne vers 1195. Entré chez les chanoines réguliers de saint Augustin, il demeura onze ans au monastère de Sainte-Croix à Coïmbre. Dans ce centre réputé d’études théologiques, il acquit une connaissance merveilleuse de la Sainte Écriture et des Pères. En 1220, le témoignage des vies des martyrs franciscains au Maroc bouleverse le jeune prêtre de 25 ans et le conduit à demander son admission parmi les disciples de François d'Assise. Puis il mena une vie de haute contemplation au Monte Paolo (Romagne). Il s’adonna ensuite à la prédication et y connut un succès inouï, confirmé par d’éclatants prodiges.

Les sermons de saint Antoine s’adressent tantôt aux fidèles en général, tantôt à des classes de personnes : pénitents, actifs, contemplatifs, religieux, prédicateurs, prélats, etc.; à chacune de ces classes, notre Saint trace la voie du salut et de la perfection. Il se montre partout d’une sûreté et d’une rectitude de doctrine admirable. De temps en temps, il interrompait l’apostolat pour se plonger dans la contemplation, où Dieu lui accordait des grâces mystiques. Il occupa aussi plusieurs charges dans l’Ordre et enseigna la théologie à ses jeunes confrères. Antoine mourut à Padoue le 13 juin 1231 et fut canonisé le 30 mai 1232.

En 1931, lors du septième centenaire de la mort de notre Saint, les Frères Mineurs demandent au Saint-Siège de bien vouloir honorer saint Antoine du titre de docteur de l’Église. Le dossier sera présenté en 1936, orné de 2017 signatures venues de partout. C’est le 16 janvier 1945 que saint Antoine sera nommé docteur de l’Église Universelle.

3 - A droite, saint Vincent Ferrier

 L'autre statue, à droite, en habit dominicain est saint Vincent Ferrier.
 

Vincent Ferrier (en valencien Sant Vicent Ferrer) est un prêtre de l'Ordre dominicain, né le 23 janvier 1350 près de Valence en Catalogne (Couronne d'Aragon) et mort le 5 avril 1419 à Vannes (Bretagne) qui est resté célèbre pour ses prédications publiques. Une partie de ses reliques sont vénérées à la cathédrale Saint-Pierre de Vannes.
 


Représentation de
Saint Vincent Ferrier

Infatigable prêcheur et évangélisateur de l'Europe pendant vingt ans, de 1399 à sa mort, il parcourt l'Espagne, l'Italie, la Suisse, et va même jusqu'en Écosse. Il est souvent accompagné d'un nombre impressionnant de disciples, au point qu'il doit essentiellement prêcher dans de grands espaces extérieurs pour pouvoir être entendu de la foule. On lui prête le don des langues, au vu de sa capacité à communiquer avec tant de peuples différents.
 

La France n'est pas oubliée dans ses missions, il en parcourt tout le Sud avant d'être appelé en Bretagne en 1418 par Jean V, duc de Bretagne. Il sillonne pratiquement toute la Bretagne de ville en ville pendant près de deux ans et revient à Vannes, épuisé, où il meurt le 5 avril 1419.
 

Après les nombreux miracles constatés sur sa tombe qui lui sont attribués, le duc de Bretagne Jean V (1399-1442) demande que le dominicain soit canonisé. Calixte III proclame sa canonisation le 29 juin 1455. Le pape désigne le prélat breton Alain de Coativy pour lever les reliques du tombeau et diriger la cérémonie qui a lieu à Vannes le 5 avril 1456.
 

La statue de l'église de La Roche-Maurice est visiblement amputée de son bras droit. Avant d'être cassé, sans doute avait-il le même geste qu'on lui voit sur le dessin ci-dessus ? Fort probablement. Et sans accuser quelques dégradations au temps de la Révolution, on se doute bien que ce bras levé vers le ciel était la partie la plus fragile de la sculpture.

Le portail sud

    Dais au-dessus du bénitier, il est orné de quatre têtes, 2 femmes et 2 hommes  .
X Autre photo du dais


 

La façade midi serait sans caractère si elle n'était ornée d'un beau portail à deux portes géminées, en anse de panier, séparées par un bénitier surmonté d'un dais à pans coupés.

Elles sont encadrées d'une arcade ogivale surbaissée, à trois rangs de nervures, garnies de feuilles de vigne, de feuilles de chardon et de niches de personnages avec dais, contenant les statuettes finement sculptées des Douze Apôtres et deux anges priants.

De chaque côté, un groupe de trois colonnettes tournées en hélice et surmontées d'un pinacle, termine la décoration. Les colonnettes les plus extérieures sont timbrées aux mâcles des Rohan."
(Louis Le Guennec)



 


Saint Maudez ou Maurice

Au-dessus du trumeau de séparation de la double porte et adossée au fronton du porche, se trouve une statue en kersanton.

"Coiffé de la tonsure des moines, le saint abbé, appelé Maudez ou Maurice, est vêtu d'une aube et d'une chasuble. Il tient un livre fermé par une agraphe et son bâton pastoral. Les yeux et le visage sont caractéristiques du sculpteur de la chapelle de Locmaria-Lan à Plabennec, S. Coëtdeleu.

La statuaire de S. Coëteleu pérennise l'esthétique médiévale, comme le révèle le bout pointu des chaussures, tout en utilisant le nouveau vocabulaire architectural de la Renaissance". (Emmanuelle Le Seac'h).



 


Les apôtres

L'impossibilité de construire un porche avec une avancée extérieure, comme dans beaucoup d'autres églises, a amené le maître d'oeuvre à inscrire les apôtres, d'habitude placés dans des niches sous une voûte, dans les archivoltes de la façade.

Yves-Pascal Castel attribue la statue de saint Jacques à l'atelier Prigent. Est-ce à dire que les autres sculptures de pierre de La Roche seraient aussi l'oeuvre de cet atelier ? Emmanuelle Le Seac'h n'en a pas parlé, sauf pour saint Maudez.

Voici trois apôtres :

Saint AndréSaint Jacques, le majeurSaint Mathieu

Les trois calvaires de l'enclos

On accède à l'enclos en enjambant deux larges échaliers encadrés de massifs ornés d'arcatures peu profondes sur lesquels se dressent les trois croix du calvaire.
 

Les larrons sont d'excellente facture, comparé au Christ pour lequel, sans exclure l'émotion qui en émane, on doit reconnaître la gaucherie de sa réalisation, contrairement aux anges de la console (d'après Y.P. Castel).



Dans Croix et calvaires du Finistère :

2648. La Roche-Maurice, église, calvaire à l’entrée sud du placître, granit kersanton 7 m. Vers 1572. Trois fûts sur soubassements ornés d’arcatures, comme les socles. Noeuds, croisillon pour la croix du centre, anges orants, les mains jointes ou ouvertes. Croix à fleurons godronnés, crucifix. [YPC 1980]

La croix de mission dans le cimetière

Description dans Croix et calvaires du Finistère :

2649. La Roche-Maurice, cimetière, granit 6,50 m. 1883.
Trois degrés.

Socle cubique :

40 JOURS D’INDULGENCE
3 PATER AVE GLORIA
DE PROFUNDIS. 1883.

MMRS DE LA VILLASSE MAIRE BAZIN TRESORIER GUYADER RECTEUR.

Plaque de marbre :

SOUVENIR MISSION 1950.

Fût rond, écots, chapiteau.
Croix fleuronnée, crucifix. [YPC 1980]


Cette croix de mission a été, à l'évidence, conçue et taillée par Yann Larc'hantec. Elle est du même style que le calvaire de Pont-Christ et celui
de Guipavas, par exemple. Elle a retrouvé le haut de son fût, avec l'inscription INRI, qu'elle avait perdu pendant plusieurs années.


Une mission paroissiale est une forme d'évangélisation visant à raviver la foi des communautés paroissiales, particulièrement dans les paroisses de campagne.

Durant généralement plusieurs jours, une semaine ou même deux, elle consiste en une série d’exercices spirituels (processions, Adoration du Saint-Sacrement, récitations du chapelet, confessions, messes, etc...) ponctués de prêches et conférences religieuses données par un groupe de prédicateurs venus de l’extérieur (souvent jésuites ou rédemptoristes) et se terminant par une grande célébration eucharistique.

Souvent une croix, ou large crucifix, était érigée en un lieu public comme mémorial de la mission.

Les missions furent nombreuses après la tourmente révolutionnaire, où il fallut, pour les représentants de l'Église catholique romaine, restaurer la pratique religieuse, et elles se poursuivirent au 19è siècle et dans la première moitié du 20è siècle. Beaucoup de croix de mission datent de cette époque.

Cependant, l'existence de ces missions est beaucoup plus ancienne dans notre région. Rappelons celles de saint Vincent Ferrier au XVè siècle.
Au XVIIè siècle, on verra le révérend père Michel Le Nobletz parcourir les diocèses de Léon et de Cornouaille, après celui de Tréguier, comme prédicateur de ses missions paroissiales. Il invente l’usage de “cartes peintes” pour illustrer sa prédication, et fait chanter des kantikoù exprimant en breton la doctrine chrétienne et les maximes de l’Evangile.

Puis le père Julien Maunoir, toujours au XVIIè siècle, pris le relais de notre Léonard. Dans ces missions, il se servait des cartes allégoriques de son prédécesseur - les fameux "taolennoù" ou tableaux de mission - et, comme celui-ci, il employa aussi d'autres moyens auxquels il donna un grand éclat : le cantique, breton ou français,... et la procession, couronnement de la mission, dans laquelle il retraçait les scènes de la vie de Jésus. Les fidèles accouraient en grands nombres à ces clôtures de missions où il prenait la parole.
 

La croix du cimetière nous rappelle les "missions" de 1883 et de 1950, mais il y en eut d'autres, notamment en 1905, 1929 et 1939.
A La Roche, les missions duraient deux semaines et nécessitaient le concours de nombreux prêtres venus d'ailleurs,
comme on pourra le lire en cliquant sur le petit livre vert

X

La mission de 1939.

La paroisse de La Roche-Maurice vient de vivre des journées de grâces et de salut par le bienfait d'une mission, faveur qu'elle n'avait pas connue depuis 10 ans. Ce furent les Pères Le Provost, Le Jollec et Chevance qui firent entendre à tous les paroles de salut en la belle église qui, avec son clocher élégant et svelte, se dresse, à flanc de côteaux, au-dessus du vallon où l'Elorn roule lentement ses eaux. La vieille église s'était parée pour recevoir les missionnaires. Sans chercher à se rajeunir en cette année qui marque son 4è centenaire (date de 1539 portée sur la sablière et en même temps inscrite sur le splendide vitrail), elle avait pris un air de fête, heureuse d'accueillir la foule des chrétiens de la paroisse et ceux du voisinage qui y viendrait entendre la parole de Dieu.

Quand la puissante harmonie des cloches annonça l'arrivée des missionnaires, les âmes, alertées, attendaient déjà avec impatience les saints exercices. Depuis bien des mois, en effet, on priait, le dimanche, pour le "succès de la mission", et en chaque maison le recteur de la paroisse avait porté lui-même une lettre d'invitation soulignant la nécessité d'accueillir avec bonne volonté une grâce si précieuse.

L'appel fut entendu : la mission de La Roche fut un succès. "Le climat spirituel de la paroisse, disait du haut de la chaire un de nos missionnaires, est monté de plusieurs degrés pendant cette semaine : une vague de chaleur a traversé les rues glaciales". Le bas-bourg, en effet, peut être considéré comme une banlieue lointaine de Brest, car nombre de ses habitants ne travaillent pas seulement à Landerneau, mais au Moulin-Blanc et aussi aux entreprises et au port de la grande cité maritime. Cette population ouvrière est venue nombreuse, assidue, écouter, le soir, les prédications françaises si prenantes du Père Le provost. Ses gloses instructives, ses sermons apologétiques faisaient le plus souvent église comble. Notons qu'un certain nombre de ces ouvriers prit un ou deux jours - parfois davantage - pour suivre la mission traditionnelle, la mission bretonne. C'est celle-ci que la campagne de La Roche, restée très religieuse et très bonne, suivit avec fidélité. Au cours de ces deux semaines, elle entendit avec profit les instructions solides et intéressantes des trois missionnaires. Les tableaux du Père Le Jollec instruisent et retiennent l'attention. Le Père Chevance trouve sans peine le chemin des coeurs et le Père Le Provost manie la langue bretonne avec la même aisance que le français. Aussi, dans cette portion de la paroisse dont la vie religieuse est empreinte d'une foi profonde, n'a-t-on pu noter que quelques abstentions : trois ou quatre peut-être.

L'autre fraction de la population : retraité, ouvriers, marins, touchée par les idées du jour, a, en grande majorité, suivi la mission, mais malheureusement pour beaucoup restreinte au sermon français du soir. On a vu cependant à l'église des hommes, qui en avaient désappris le chemin depuis longtemps, suivre les instructions avec un intérêt évident. La plus grande partie a été ébranlée, entraînée même, et suivant le mouvement général, elle s'est approchée des sacrements.

Pendant ces semaines, le chant fut assuré par MM. Balcon, vicaire à Saint-Mathieu de Quimper, Jaffrès, recteur de Treflevenez, qui apportèrent d'autre part aux missionnaires le concours le plus dévoué.

Les enfants ont été évangélisés par le Père Le Jollec, aidé par M. Queinnec, vicaire à Saint-Michel de Brest. Ils étaient 153 communiants de La Roche ou des alentours, c'est-à-dire de Plouneventer et de Plouedern, qui ne connaissent que les écoles et les catéchismes de La Roche.

La première semaine, on a compté 229 communions (72 hommes et 157 femmes), et la deuxième semaine, 351 communions (151 hommes et 200 femmes).

Pour terminer le compte-rendu, ajoutons que Mgr Cogneau voulut bien faire à la modeste paroisse de La Roche l'honneur de venir présider la clôture de la mission. Son Excellence, assistée de M. le chanoine Perrot et de M. Corre, curé-doyen de Ploudiry, tint chapelle à la grand'messe, chantée par le Rév. Père Prieur de Kerbeneat 1.

Aux vêpres pontificales, la vénérable église ne put accueillir l'immense foule où beaucoup de personnes voisines se mêlaient aux Rochois. Aussi une bonne partie dut-elle se contenter de suivre la procession à travers les rues du village décorées avec un goût parfait. Au retour, Monseigneur monta en chaire et sa parole sut trouver le chemin de coeurs. Il exhorta son auditoire à garder précieusement "les fruits de cette mission qui a éclairé votre foi, raffermi votre confiance en Dieu et redonné à votre volonté l'énergie nécessaire pour vivre intégralement la loi de Dieu".

Après un Te Deum chanté de tout coeur, Monseigneur fit descendre sur cette foule enthousiaste la bénédiction de Jésus-Hostie. Puisse-t-elle être pour les fidèles de La Roche un gage assuré de persévérance !

La Semaine Religieuse de Quimper et de Léon du 31/3/1939 p. 199 vue 100

1 Le prieur de Kerbeneat était Dom Colliot, spécialiste du chant grégorien.


La mission de 1929.

Une grande mission a été prêchée, à La Roche-Maurice, du 14 février au 3 mars 1929, par les RR. PP. Barnabé, Fulgence et Eugène, aidés pour les confessions des enfants, de M. Roué, vicaire à Ploudiry, et, pour les confessions des grandes personnes, de MM. Morvan, vicaire à Crozon, et Hily, recteur de Plouzané.

Cette mission, annoncée depuis un an, était attendue avec une grande impatience : la paroisse n'en avait pas eu depuis 1905.

Rien ne fut oublié pour qu'elle réussisse : prières, exhortations, distributions de tracts et, pendant la mission, processions, fêtes, illuminations. Elle a été suivie avec assiduité, zèle, piété, malgré diverses difficultés et temps froid à l'excès. Il a fallu sans doute se plier à certaines exigences : les habitants du bourg de La Roche-Maurice, les jeunes surtout, sont des ouvriers qui travaillent à Landerneau. Ils ne sont plus, hélas ! de farouches partisans de la si belle et tant savoureuse langue bretonne, et puis... la vie est si chère. Aussi, afin de fournir à tous la possibilité de faire leur mission, les RR. PP. ont accepté de prêcher en breton dans la journée, et en français le soir.

Il faut dire, à l'honneur des ouvriers, que la plupart d'entre eux, presque tous, ont sacrifié qui un jour, qui deux et même trois jours, afin de suivre la mission bretonne et se confesser.

Il y eut donc beaucoup de bonne volonté de la part de tous, jeunes et vieux, car le temps, froid à l'excès, n'était guère favorable. Mais qui aurait osé se plaindre en voyant les vaillants missionnaires marcher pieds nus dans la neige et sous la bise glaciale ?

Le résultat ? Le dimanche 17 février, 106 enfants se sont approchés de la Sainte Table ; le samedi 23, jour de clôture pour la première série, 109 hommes et 207 femmes communièrent ; et le samedi 2 mars, 190 hommes et 208 femmes, si l'on ajoute à ce nombre les 20 malades ou vieillards communiés à domicile, c'est un total de 840 communiants, sur une population paroissiale de 870 âmes.

Il est à croire que des paroisses voisines, un certain nombre d'hommes et de femmes sont venus communier à La Roche-Maurice ; mais aussi nombreux ont été ceux qui, après avoir suivi tout ou partie des exercices de la mission, ont communié dans leurs propres paroisses. Y a-t-il eu des abstentions ? Quelques unités ont résisté à l'appel de Dieu ou n'ont pas eu le courage d'aller jusqu'à l'aveu de leurs fautes ; d'autres ont été terrassés par la maladie et n'ont pu, à leur grand regret, achever leur mission. Dieu daigne avoir pitié des premiers et consoler les derniers.

Nul doute que la bonne semence jetée si abondamment dans les âmes ne porte ses fruits. Que les misionnaires en soit remerciés ! Et que "Sant Eozen" leur obtienne de Dieu lumière, force et courage pour continuer longtemps leur dur et fécond apostolat. - L.J. C.

La Semaine religieuse de Quimper et de Léon du 15/3/1929 p. 192 vue 74


La mission de 1905.

Commencée le 19 mars, fête de saint Joseph, et sous le patronage spécial du glorieux Patriarche, la Mission s'est terminée samedi 1er avril. Il est superflu de dire qu'elle a bien réussi, et ce serait employer un terme insuffisant : un paroissien exprimait ainsi sa pensée, qui est celle de la population toute entière : "Il y a eu 15 jours de fête pour La Roche"...

Dès l'ouverture, les exercices ont été suivis avec autant d'empressement que d'assiduité ; au premier son de la cloche, on voyait ces braves chrétiens accourir à l'église, écoutant avec avidité la parole de Dieu ou pieusement recueillis près des confessionnaux...

Nous ne parlerons des missionnaires que pour les remercier du bien qu'ils ont fait par leurs instructions variées : conférences pratiques, à la doctrine sûre et exposée avec méthode et clarté ; explication des Tableaux, si vivante et toujours si goûtée, surtout quand on a la bonne fortune - comme nous l'avions - d'entendre des maîtres du genre ; sermons sur les grandes vérités, qui remuent les coeurs les plus endurcis. N'oublions pas le rôle du chant qui, bien dirigé et bien compris, est une prédication, et non des moins efficaces : ici, les cantiques étaient "enlevés" avec un entousiasme du meilleur augure.

Le nombre des communions, pour les deux semaines, a atteint 900. Ce chiffre montre clairement que les habitants des paroisses voisines ont profité dans une assez large part de la Mission de La Roche. Espérons que, pour tous, cette Mission si bien suivie portera ses fruits abondants et durables. - Un Témoin.

La Semaine religieuse de Quimper et de Léon du 7/4/1905 p. 217 vue 111 X

En plus de ces grands rassemblements, il y en avait de moins importants, appelés "Adoration", qui ne duraient qu'une petite semaine  .
La dévotion de base était de venir à l'église "adorer" le Christ présent dans les osties du tabernacle ou dans celle de l'ostensoir, le saint-sacrement
de l'Eucharistie. Cependant, cette dévotion s'accompagnait de cérémonies, prières et prêches, messes et communions, pendant plusieurs jours.

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Adoration en 1931

Une adoration-retraite a été pêchée à La Roche-Maurice, du 9 au 15 février 1931, par les RR. PP. Le Provost, Le Jollec et Chevance, aidés, pour le chant et les confessions par M. Bervas, recteur de Bodilis. Le temps fut détestable, mais à qui veut rien d'impossible : à la presque unanimité, les paroissiens ont su montrer de quoi ils étaient capables pour l'amour de Jésus dans l'Eucharistie.

Tant aux diverses réunions de la journée qu'aux réunions du soir, l'assistance, dès le début, fut nombreuse et elle demeura fidèle à revenir méditer sur les grandes vérités de la religion et les devoirs les plus importants du vrai chrétien, le tout se rapportant à l'Eucharistie.

Les résultats ont été dignes et de l'éloquence des prédicateurs et de la foi des fidèles : le mercredi, 88 hommes et 155 femmes, le samedi, 107 hommes et 170 femmes, se sont approchés de la Sainte-Table ; le jeudi, les 50 enfants du petit catéchisme ont également communié. Si l'on ajoute les 15 vieillards ou malades communiés à domicile, c'est un total de 635 paroissiens qui ont rempli leur devoir.

La très grande majorité des hommes et des femmes ont encore commmunié le dimanche, à l'intention de leurs morts.

Puissent les prières de ces bons chrétiens obtenir, à bref délai, la conversion de quelques irréductibles, et que Dieu daigne bénir et faire fructifier les travaux des zélès et éloquents missionnaires.

(La Semaine Religieuse de Quimper et de Léon du 6/3/1931 p. 167)


Adoration et jubilé en 1935

Du 10 au 17 février 1935 a été prêchée à la Roche-Maurice, une retraite d'Adoration-Jubilé. Les ouvriers ont été M. le chanoine Grall, curé-doyen de Crozon ; M. Gouriou, recteur d'Esquibien : M. Graveran, vicaire de Plouvorn. M. Colin, curé-doyen de Bannalec, empêché par la maladie, n'a pu participer que par l'offrande de ses prières et de ses souffrances.

Dans la journée, et dès le premier exercice, au premier comme au second groupe, les paroissiens sont accourus nombreux et ont ensuite persévéré à suivre la Retraite. Tous les soirs à 8 heures, M. Gouriou, par des prédications françaises fort éloquentes et très bien adaptées à son auditoire, a vu grossir une nombre d'auditeurs qui ne se fatiguaient pas de l'écouter.

Les résultats ? 600 communions. Le mercredi 78 hommes et 135 femmes ; le jeudi 105 enfants ; le samedi 103 hommes et 158 femmes ; le dimanche une vingtaine d'ouvriers qui, appelés au loin par leur travail, n'avaient pu communier le samedi.

Y a-t-il eu des abstentions ? Quelques unes, volontaires (les vaincus du respect humain), d'autres occasionnées par une épidémie de grippe.

(La Semaine Religieuse de Quimper et de Léon du 15/3/1935 p. 177)

La belle tombe créée par Jean Mazé

On n'est plus ici dans le patrimoine communal ni paroissial car c'est une tombe privée. Cependant, une oeuvre si belle méritait bien qu'on ne l'oublie pas, ni son créateur : Jean Mazé, artiste et tailleur de pierre rochois. Elle a donc sa place ici.

Cet ensemble de sculptures a été réalisé par l'artiste après le décès de son épouse. On peut lire gravé sur les pierres : "Marie Th. Le Goff, née à Landivisiau, morte à La Roche, 8 juin 1916, 9 avril 1979, priez pour elle". Sur le socle où repose les pieds du Christ, on devine : "19 11 1990". C'est probablement la date où Jean Mazé à terminer de tailler cette oeuvre. L'artiste, qui était né à la Roche en 1911, y est décédé en 1996.

La croix couchée, inclinée, est soutenue par 3 statues de saints. Pouvons-nous les reconnaître ?

Ce saint ressemble, à s'y méprendre, à celui qui se trouve dans le contre-fort gauche du clocher. Celui-ci est saint Pierre, bien sûr.
 
Il porte un glaive. Serait-ce saint Paul ?
 

On sera sensible à l'humour et à la fantaisie du sculpteur, qui nous fait voir,
pour chaque statue, un petit pied du saint, et un seul, qui émerge du bas de sa soutane.

Sources des informations

AEQ = Archives Diocésaines (évêché) à Quimper
 


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 André J. Croguennec - Page créée le 21/12/2023, mise à jour le 21/2/2024.