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Histoires vraies à La Roche | ![]() |
Ce moulin construit par Jean Moliné et qui sera manoeuvré par la famille Bazin puis plus tard par la famille Le Verge. Nous savons que pour la construction du barrage une autorisation avait été demandée le 1/12/1821 à la famille Gillard de Landerneau qui possédait à l'époque les terrains situés au nord de l'Elorn, à l'endroit qu'on appelle aujourd'hui le Petit-Lez. Rappelons qu'à cette époque la route D712 n'existait pas.
On peut suivre la descendance de la famille Gillard et identifier ses héritiers pour aboutir à Armand Bionard, qui a été propriétaire de Kergabrielle.
La Dépêche de Brest du 13/8/1928
rapportait l'histoire suivante :
Les jeunes gens qui promettent - Un blessé.
Hier, dimanche, le paisible bourg de La Roche-Maurice fut mis en émoi par une bande de cinq jeunes galvaudeux, âgés de 14 à 16 ans, qui parcouraient l'agglomération, en tenue débraillée, criant à tue-tête, brandissant des bouteilles à moitié vides. Inutile d'ajouter que ces peu intéressants sujets paraissaient ivres.
Descendant au bas-bourg, la bande se rendit au barrage dit de Bionard 1, où se trouvaient trois jeunes gens de La Roche, qui sortaient de l'eau, après avoir pris un bain.
Nos tristes moutards, voulant jouer aux fiers-à-bras, cherchèrent chicane aux baigneurs, et pourtant ceux-ci étaient de 16 à 17 ans ; mais les premiers étaient le nombre et ils se trouvaient sous l'influence de l'alcool, aussi ils se croyaient des hercules invincibles, les pauvres ?!
Des mots, ils en vinrent bien vite aux menaces, et l'un des plus jeunes du groupe, un nommé Le G..., de Landerneau, âgé de 15 ans, qui paraissait des plus excités, lança dans la direction de Pierre Emily 2 de La Roche-Maurice, âgé de 17 ans, une première bouteille.
Ayant manqué son but, le garnement s'empara vivement d'un second projectile, un litre vide que tenait à la main un de ses camarades, et cette fois, recommençant son attaque, il atteignait sa victime en pleine poitrine, lui faisant une longue blessure ; de plus, les éclats de verre volaient, par la force du choc, à la figure du blessé et lui occasionnaient aussi de nombreuses coupures au visage. La victime était bien vite couverte de sang. Ce beau coup fait, nos galopins, comme une bande de moineaux pillards, s'égaillèrent dans toutes les directions, pendant que les témoins de la scène couraient chercher de l'aide au bourg.
Fort heureusement, survint, quelques instants plus tard, M. Le Naour, pharmacien à Saint-Pierre-Quilbignon, qui pansa le blessé, pendant que M. Jézéquel, dentiste à Landerneau, mettait son auto à la disposition du pauvre jeune homme pour le conduire chez un médecin. A Landerneau, le docteur Tanguy, une heure plus tard, prodiguait les meilleurs soins à la victime, dont la blessure était sérieuse.
Nous croyons savoir que la police est saisie de l'affaire et qu'une enquête va être ouverte ; une leçon dans la circonstance calmerait l'esprit batailleur de certains mauvais garnements, qui se font trop souvent remarquer, dans nos rues, par leurs airs d'apaches. Il est bon d'ajouter que le coupable a déjà eu plusieurs fois affaire à la justice. Et il n'a que 15 ou 16 ans !
Mon commentaire :
Louis Elegoet rapporte dans son livre Saint-Meen page 187, en parlant des habitants des communes avoisinantes : "Les Rochois, eux, étaient regardés comme particulièrement "bagarreurs" : D'ar pardoun Roc'h, glao pe bahadou, disait-on. (A l'occasion du pardon de La Roche-Maurice, pluie ou bagarre)".
J'ai cité quelques faits qui se sont déroulés lors des foires et pardons à La Roche, mais bien souvent, le plus souvent, les perturbateurs étaient des personnes venues d'ailleurs, comme c'est le cas dans l'histoire qu'on vient de lire.
Beau site pour la baignade (source Archives de Landerneau)
(A SUIVRE)
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André J. Croguennec - Page créée le 3/3/2025. | |